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Les 4 enseignements du Lean Startup pour faire face à l'incertitude

Dans l'édition n°3, nous abordons la gestion de l'incertain. Voici comment le best-seller d'Eric Ries peut nous aider au quotidien.

La méthode Lean Startup ne parle pas d'une histoire de coûts mais de vitesse.

C'est ainsi qu'Eric Ries, entrepreneur américain, la petite quarantaine, présente son livre culte sorti en 2008. Ce bouquin qui figure généralement en bonne place sur les étagères des startup, défend un principe simple, sur le papier en tout cas : l'adaptation rapide et continue au client comme modèle de réussite. Darwin à la Silicon Valley, en quelque sorte. Il casse aussi le mythe de l'inventeur génial et solitaire car, selon Eric Ries, ce n'est pas tellement l'idée de départ qui vaut dans une aventure entrepreneuriale mais la capacité d'évoluer.
Que peut-on en retenir côté management ?

Au moins quatre enseignements, particulièrement adaptés à la gestion de l'incertain.

La perfection, quelle horreur ;-)


Réflexe classique et sans doute un tantinet égocentrique quand on lance une nouvelle offre : vouloir d'entrée de jeu réaliser le meilleur produit du monde. On va ainsi dépenser beaucoup de temps, d'énergie, d'argent et d'intelligence avant même d'atteindre le marché. La méthode Lean Startup propose exactement l'inverse.

Elle préconise de lancer très vite un produit simple et forcément imparfait (le "Minimum Viable Product" MVP pour les intimes) auprès d'une cible réduite et de le faire évoluer avec les clients-utilisateurs. Facebook n'a pas procédé autrement pour se lancer. D'abord disponible en version bêta à Harvard (2004), le réseau social s'est ensuite ouvert progressivement aux grandes facs américaines et canadiennes puis aux écoles secondaires (2005) avant de s'ouvrir au grand public (2006).

Vive le feedback !


Construire - Mesurer - Apprendre. Cette boucle du feedback ("feedback loop"), comme la nomme Eric Ries, est l'un des fondamentaux du Lean Startup. Questionnaire en ligne, A/B testing, statistiques d'utilisation, évaluations, avis... dans les startup, tous les moyens sont bons pour recueillir les observations des utilisateurs et pour, au fond, co-construire le produit avec eux.

Face à l'incertitude - et, comme le soutient Ries, les startup sont des organisations confrontées à une "incertitude extrême" - poser des questions pour obtenir un feedback est salutaire.

Trompez-vous mais changez vite


"Si tu ne peux pas te planter, tu ne peux pas apprendre". Ce précepte managérial d'Eric Ries, largement admis dans beaucoup de startup, a progressivement remis au goût du jour une valeur plutôt décriée en entreprise. L'échec, en soi, n'est pas grave – Nota : il est quand même préférable de rester dans certaines limites ;-). II permet d'apprendre et de tirer les enseignements pour soi-même et pour l'organisation. Pourquoi ai-je échoué ? Qu'est ce qui m'a empêché d'en prendre conscience rapidement ? Qu'est ce que j'ai mis en place pour en sortir ? Qu'est ce que j'ai appris qui me servira dans le futur ?

Autant d'interrogations salutaires qui mènent parfois à ce que les startup nomment le pivot : un changement souvent radical de positionnement et de modèle économique.

Cela ne s'arrête jamais (désolé...)


La flexibilité est un état d'esprit, elle ne s'arrête jamais. Ce que défend Eric Ries pour qui la boucle Construire - Mesurer - Apprendre est un mouvement sans fin.

Ainsi, Google, qui n'est plus précisément une jeune pousse (100 milliards de chiffres d'affaires, plus de 50 000 collaborateurs) continue de modifier ses algorithmes de recherche plus 500 fois par an pour coller à des usages en perpétuelle évolution. S'adapter, encore et toujours.

"Lean Startup : Adoptez l'innovation continue", Pearson Education (2015), 327 pages
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